SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Ça fait mal de se sentir pas si loin du but. Le ravin est immense et profond. Impressionant. Rien que le fait de penser à la chute me fait perdre mes moyens. Je me tiens devant, la corps pâle, froid, tremblant. Je m'y suis approché à petits pas, tel un chat appeuré devant un nouveau mécanisme, un nouveau jouet. Dois-je tenter le coup ? Me retirer—encore—dans la solitude ? Mais bon sang pourquoi elle ?
Ça fait mal de se sentir pas si loin du but. Le ravin est immense et profond. Impressionant. Rien que le fait de penser à la chute me fait perdre mes moyens. Je me tiens devant, la corps pâle, froid, tremblant. Je m'y suis approché à petits pas, tel un chat appeuré devant un nouveau mécanisme, un nouveau jouet. Dois-je tenter le coup ? Me retirer—encore—dans la solitude ? Mais bon sang pourquoi elle ?
J'essaie de construire en parrallèle, mais rien ne l'efface. C'est mon jouet. Ma nouvelle attraction. Celle qui surplombe toute mon attention, qui sublimise toutes mes prétentions. L'éternelle querelle des droits et des pourquois de mon existence. La lutte de la raison face à l'envie, le désespoir, la volonté d'aider, et l'abandon.
C'est toujours de ça dont il est question... (et quelle que soit la forme prise par cette possible porte de sortie me permettant de m'échapper enfin de cette dépression latente) Dans ce cas précis, il semble même totalement injuste. Durant ces mille et une nuits où mon coeur n'a cessé de pourrir, tout était causé par un rejet—un abandon—à la suite d'une défaite. Une défaite... J'avais au moins combattu. Je défiais avec mes propres armes. Mon droit. Mon droit pour l'identité, l'existence. Ici et maintenant, j'ai l'impression de devoir rengainer avant même le premier tir. Cela revient à être abandonné avant même d'être considéré. Cela revient à dire que je m'abandonne moi-même. Que j'abandonne tout espoir. C'est donc là que cela m'amène ce profond dégoût. A abandonner tout espoir ? Mais que vais-je faire de moi-même si je perds cette seule raison d'exister ? Où puiserai-je ma force ?
Je voudrais tellement pouvoir simplement sortir mes armes. La toucher. L'anéantir. Je voudrais gagner. Juste une fois. Rien qu'une fois... Et le lot est trop beau. Le pire c'est que je pense pouvoir en être digne... Mais l'attraction n'est pas, pour moi, un jeu auquel s'exercer. C'est un piège que je dois maîtriser par avance, sinon éviter comme la peste.
Le ravin est immense, profond. Et ce n'est pas en rampant que j'arriverai à le franchir. Donne-moi juste mon élan...
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