20080829

UNINTERESTING STUFF
***[...]
***Mais il s'arrêta brusquement, stoppé par la vision de la scène qui se déroulait juste devant ses yeux.
***Il sentit son coeur se refroidir. Comme s'il venait d'être trempé dans un bac à glaçon. Froid. Dur. Il s'était transformé en une pierre lourde, un fardeau glacial creusant un trou profond à l'intérieur de son corps. Chacun de ses battements résonnait maintenant tellement fort dans ses tempes que l'enfant n'entendait plus la conversation -devenue monologue- que tenait son ami, juste à coté de lui. Non. Il était absorbé par elle. Elle. Elle, à quelques mètres, à peine, entourée dans la veste qu'il lui avait prêtée, lui, qui l'embrassait chaudement. Elle souriait, insouciante, ne sachant pas qu'au même instant et à seulement une poignée de pas d'eux l'enfant les observait.
***Il sentit sous sa chemise chacune de ses fibres pileuses se redresser de ses mains tremblantes jusqu'aux pointes de ses épaules. Le sourire qu'elle arborait lui était insoutenable. Cette insouciance, cette légèreté, cette jouissance de l'instant qu'elle vivait, sous ce ciel noir qui caressait tendrement ses cheveux.
***C'était trop pour ce pauvre gamin, la voir, elle, en cette magnifique soirée, dans d'autres bras... Ses muscles se déchirèrent un à un. Ses os craquelèrent, tandis que le trou semblait toujours s'agrandir en lui. Une faille immense, qui l'ouvrait en deux de la gorge jusqu'à l'estomac. Les larmes ne vinrent pas, pourtant. Il pleurait là, mais ses yeux restant secs, en silence, seul... Seul...

***"Oh Jeff tu m'entends ?"
***Soudain il revint de ses émotions. Cette phrase venait de balayer cette vague qui le submergeait, tentant de le noyer sous un flot de chagrins. Il était dans la voiture. Cinq secondes, peut-être moins, s'étaient seulement écoulées. Mais pour lui cela avait duré des semaines. Ne sachant pas quoi répondre, il tourna son regard, et quelques mots sans aucun rapport apparent sortirent, hésitants, comme si leur mission était de s'assurer que l'endroit était sûr pour parler librement. Le gamin trembla encore une seconde ou deux, puis annonça cette fois de vive voix
***"C'était elle. Contre la voiture. Dans le pull noir, avec les bottes. C'était elle. J'en suis persuadé."
***Le son du moteur faiblit, la vitesse de la voiture se réduit. Un coup d'oeil dans le rétro suffit à son ami pour comprendre ce qui se passait. Ce n'était pas qu'une simple hallucination cette fois. Elle était vraiment là, à dix mètres à peine.
***Un instant plus tard, la voiture redémarrait, laissant derrière elle l'innocence et la légèreté s'exprimer en toute quiétude. Les phares rouges disparurent dans la brume lointaine, en ne laissant pour seule emprunte éphémère que le vrombissement du moteur qui hurlait le désespoir et la solitude planante ironiquement sur le parking de ce restaurant.

20080828

A good day

UNINTERESTING STUFF
Distanced from the screams you'll let yourself shriek
This tensed ending up waiting for the very end
Prayers become the only hope
The only one you cannot let go
This is a good day to be totally smashed...

©2008 - Erode The Dawn

20080823

TOSS THE STONES
Je n'essaierai pas d'aller mieux, car je le sais maintenant depuis plusieurs années que ce n'est pas possible.
Alors...
Au moins j'essaierai de moins penser à mes malheurs.

Le sablier se retourne. La course reprend.
Dans dix mois...

20080807

SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
J'ai l'impression que c'est un film sans fin. Qu'il n'y a clairement aucune issue possible. Une blessure profonde qui ne cesse de s'ouvrir à nouveau et de s'agrandir à chaque fois que j'essaie de m'en sortir. Je n'arrive plus à entendre les espoirs des autres tellement ça me tape le crâne. Rien ne changera jamais.

Alors j'avale des boites de médocs, et, brave que je suis, je n'ai pas les couilles pour me laisser crever. J'ai trop peur de la mort. Un appel au téléphone. Bad trip. Je me réveille le lendemain dans un lit blanc, à l'hôpital. Avec des tubes branchés dans mes bras, une cuvette près de ma tête. Des draps parfaitement bordés, d'un blanc des plus tristes me recouvrent. Un stupide sentiment de protection émane. Je ne suis sûr nulle part. Ce n'est pas parce que je suis dans un hôpital que tout va mieux. Il faut que je trouve un moyen d'en finir. Il faut surtout que j'en trouve la force. La vitre. Du verre. Coupant, pointu. La vitre... la fenêtre. Me jeter de la fenêtre... Me nouer la gorge avec les tubes... Il faut que je tr...
L'infirmière arrive. Elle me regarde deux secondes, cherchant à savoir si mes yeux sont bien ouverts. Elle me prévient que je risque de vomir à tout instant, et s'en va, aussitôt, claquant la porte, certainement heureuse d'avoir fini sa putain de journée...
Le plafond est trop bas dans cette chambre. Il m'étouffe. Il m'étrangle. J'aperçois mes fringues délicatement pliées dans un film plastifié au pied de mon lit.
donnez moi ce film plastique bon Dieu, donnez-le moi
Même mes fringues semblent avoir plus d'âme que moi-même. On ne se rend pas compte à quel point un hôpital est bruyant, de l'intérieur. Le bourdonnement ambiant de cette formidable vie au-dehors, les chuchotements, les conversations, les bruits de pas. Une femme crie et pleure pour voir son enfant, apparemment mourant. Triste pitié. Ça ne me touche plus. On peut bien interdire les véhicules de klaxonner à la frontière d'établissement hospitaliers, je parie que je ne les aurais même pas entendus s'ils s'étaient donnés à cœur joie.
Trois coups frappant à ma porte. La poignée pivote. La porte s'ouvre, laissant entrer le bourdonnement horrible de cette vie extérieure, amenant avec lui ce docteur "la-bonne-parole". Monsieur me demande si tout va bien, le sourire aux lèvres. Je n'ai pas réussi à percevoir l'ironie dans son timbre de voix. Raclement de gorge, son sourire disparaît succinctement et revient aussi sec. Il entrebâille légèrement ses lèvres, et, cherchant secrètement ses mots, bredouille un truc inaudible... D'une voix plus claire et vive, il me dit que le vent tournera, qu'il faut que je m'accroche.
va te faire foutre. j'ai déjà trop soufflé pour faire tourner le vent
Un examen de routine doit-il faire. Apparemment je vais bien. Cependant je resterai en observation, on se croirait dans les séries américaines... Soit. Docteur "la-bonne-parole" détache une feuille de son calepin et me refile cette liste de noms, me disant que je devrais y réfléchir, qu'ils pourraient m'être d'une utilité fonblablablamentale...
ce n'est pas de ça dont j'ai besoin. dégage
Je ne réponds à aucune de ses questions, attendant simplement qu'il me laisse seul. Ce qu'il fait après avoir noté quelques éléments de plus sur mon dossier.
La porte claque de nouveau derrière lui. J'empoigne la liste, je la déchire en de minuscules morceaux. Ma tête tourne trop. Leurs produits font effet. Je dois vomir.

Ce jour n'a rien du tout de particulier. Je me lève toujours avec ces démons qui m'observent et se moquent de moi. Je veux en finir. Car rien ne changera jamais. C'est juste une blessure qui ne cesse de s'ouvrir à nouveau et de s'agrandir à chaque fois que j'essaie de m'en sortir.

20080804

Throw away

TOSS THE STONES
En fait je t'en veux. Énormément. Tu ne m'as laissé aucun choix. Tu m'as dit qu'on se verrait et qu'à ce moment tu déciderais. Tu ne m'as laissé aucun choix, lorsque j'ai voulu me repentir. Les autres peuvent continuer à dire que je gâche toute ma vie maintenant. Je crois plutôt que je suis la route que tout le monde voulait me faire emprunter. Je ne fais qu'enfoncer les clous plantés dans mes veines. Tant pis si j'ai tort, je n'en ai plus rien à faire.

Tout simplement parce que je n'ai plus la force d'espérer quoi que ce soit.
Et j'ai eu encore peu confirmation, que l'espoir ne me servait à rien.

N'ose même pas m'appeler si un jour ça ne va pas. Je ne suis plus là pour personne. Pour toi je suis déjà mort. Pour tout le monde je suis déjà mort.