20080418

Entro/Psy

UNINTERESTING STUFF
Pétales se balançant au gré du vent, se brisant tels de fragiles verres sur le parquet. Le vin s'étale sur le tapis, baigne de tout son pourpre les moindres nervures. Des cris éclatent. Des sanglots se noient. C'était une pièce vide pourtant.
La fenêtre se ferme, le souffle grondant du vent se tait. Poc. Poc. Poc... Le vin continue de s'étaler, inondant les motifs rugueux du plancher.
"Tu n'as plus rien à espérer ici. Va-t-en!"
Poc... Poc... Poc...

Des pétales virevoltent et tournoient, pour finalement s'écraser lourdement dans un impact frénétique. Le vin s'étale sur le tapis, éclabousse les murs d'un pourpre opaque. Un hurlement long, des larmes s'étouffent. C'était une jolie pièce pourtant.
Le vent rabat la fenêtre contre les murs sous la force de la tempête faisant rage dehors. Poc. Poc. Poc... Le sang coule le long du mur, formant de jolies esquisses sur un rugueux papier-peint blanc.
"Tu n'as plus rien à espérer ailleurs. Meurs!"
Poc... Poc... Poc...

Des têtes volent à travers la pièce. Elles hurlent. Elles inondent la pièce de leurs cris aigus entremêlés. Le sang gicle dans tous les sens. Les ombres se font denses. C'était un joli abattoir, avant.
Des centaines de corps s'enchevêtrent, se nouent, se tassent sous le poids aberrant de la stupidité ravageuse d'un gamin. C'est son jeu. Poc. Poc. Poc... Une tête tombe, une vie s'éteint.
"J'..."
Poc... Poc... Poc...

Sa tête se détache difficilement du mur, laissant paraître une lourde tâche pourpre dans les creux d'un trou toujours plus prononcé. L'homme au masque, derrière lui, le regarde, d'un air amusé. L'enfant observe la marque indélébile qu'il laisse sur le mur. Un sourire des plus horribles se dessine lentement sur son visage. Des yeux blancs, vides. Les cheveux en arrière, propulsant des gouttelettes de sang sur le piano dansant. L'homme au masque lance un rire démoniaque, créant des vagues de hurlements, comme si une mitrailleuse les propulsait en saccades.
Un visage sans expression. Un regard vide, intense. C'est avec ce néant profond que le masque observe le gamin, derrière son épaule. Et ce dernier balance à nouveau sa tête contre le mur, creusant toujours plus mur qui l'emmène vers la mort.

Poc...
Poc... Poc...

Pourquoi lui a-t-elle dit ça...
"J'..."
Pourquoi ne le laisse-t-elle pas mourir simplement?

20080409

To judge or to be judged.

SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Il y a une semaine, j'étais à l'endroit que je pensais être la fin. Le fond. Je heurtai le sol violemment. Mon sang se déversa abondamment sur ces rocs poussiéreux. L'obscurité était constante, et l'odeur de pourri planait au raz du sol. Je toussai frénétiquement. Suffoquai. A chaque respiration coulait dans mes poumons ce liquide annonçant la fin, dans une douleur que je n'avais jamais pu imaginer.

Ce n'était rien, comparé à aujourd'hui.

Une semaine s'est écoulée. A peine je prends conscience pleinement de la douleur intense qui envahit mon être, que le contre-coup arrive. La hache tombe, la sanction a été appliquée, dans les règles. Impartiale.



"Jeune insipide, insignifiant de tous, ta mission est terminée. Regarde-les: tu as provoqué tout le mal que tu pouvais engendrer; y en a-t-il un, un seul parmi eux, que tu as blessé, et encore à terre? Le seul cafard que je vois ramper au sol, pleurnichant comme un faible est juste devant moi. Le seul que tu as réussi à blesser, le seul à qui tu as creusé une marque indélébile sur le visage, le seul pour lequel tu as donné tous ces coups de pelle dans cette terre fraiche afin qu'elle y accueille le tombeau, c'est toi-même.

"Regarde-la. Ose la regarder. Cela fait bien longtemps que tu as été banni de son esprit. Et toi tu osais encore il y a peu l'aimer, te lamentant, regrettant? Tu étais simplement hilarant de pathétisme. Regarde-la rire. Cloporte.

"Regarde-la, elle aussi. Ose la regarder. Je t'ai ordonné de la regarder! Son sourire. Son regard. Ils ne te sont désormais plus destinés. Et dire qu'il y a peu tu occupais encore la totalité d'elle-même... Tu étais son essence. Son odeur. Sa chair. Regarde-toi maintenant. Regarde tes mains. Tes mains de meurtrier. Puant l'alcool, puant les larmes, la sueur. Compte les fois où tu as refusé son amour. Compte les fois où tu l'as fait saigner, en la rejetant comme un sale chiffon. Alors que tout ce qu'elle voulait était des bras protecteurs. Elle était prête à s'imprégner totalement de ta douleur, de ton sang. Aujourd'hui tu ne serais pas là. Car aujourd'hui tu serais celui qui danse actuellement avec elle. Celui qui te vole ta place. Qui fera que, un beau jour, elle se réveillera en se demandant, quel était ton prénom?

"Regarde-toi. Tu pleures. Tu hurles. Tu sanglotes. C'est seulement maintenant que tu te rends compte de ce que tu es? De ce dont tu es destiné? Tu ne peux arriver nulle part comme ça. Et je t'ai réservé le destin que tu mérites. Tu m'as bien aidé cependant. En te créant ta solitude. En rejetant un par un ceux qui ont toujours voulu t'aider. En rejetant celle qui aurait pu te sauver. Tu ne peux arriver nulle part dans cet état. Regarde-toi. Tu ne peux arriver nulle part, et tu le sais. Sois tu restes dans cet état, à espérer tranquillement que... Ah non, j'oubliais, tu n'as plus rien à espérer. Cloporte.

"Non. Il y a une autre solution. Je ne peux rien t'offrir, si ce n'est la lucidité. Observe-toi bien. Veux-tu réellement rester comme ça? Tu n'as plus personne à essayer de sauver. Tu ne sers plus à rien dans ce monde. Personne ne ressent pour toi quoi que ce soit. Ni haine, ni pitié. Ni amour. Qui donc ta disparition affecterait-elle, finalement? Qui est encore là pour t'écouter pleurer, si ce n'est moi? Je t'apporte la solution à tes problèmes. Prends ma main, et tu n'auras plus jamais à souffrir. Je te le promets. Cloporte."


Je me lève. J'entame mes derniers instants. Les plus douloureux.
Je n'ai même plus envie d'espérer quoi que ce soit.

...
Ah non, j'oubliais, je n'ai plus rien à espérer.

...

20080404

Message in a bottle

SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
J'aimerais te dire encore tant de choses...
Je me retiens dans ton intérêt. Et crois-moi, le mien me dicte toute autre chose.

J'espère juste que tu as raison sur les points me concernant.

Et concernant tes dernières paroles tout à l'heure, Moi aussi.
Je n'aurai pas assez d'argent pour le retour... J'espère que je ne regretterai pas trop tard... Pas encore...