20080331

There's something about you...

SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Il faut peut-être que je trouve un objectif atteignable, accessible, et si possible sans faire de mal pour que je me décide à me lancer. Te dire que je n'ai pas avancé ; te dire qu'après tout ce temps je suis resté au même stade, alors que toi tu as évolué ; te dire que je n'arrive toujours pas à me détacher de toi, est-ce que franchement ça m'aiderait ?

Nos chemins se sont séparés. Ta route a tracé droit, mon chemin s'est égaré. Tu étais le bolide fonçant à travers les plaines, j'étais la canette que l'on jette sur l'autoroute à pleine vitesse. Je n'avançais que par toi. Et maintenant je suis un déchet, au bord du chemin.
Tu as reconstruit ton monde. Je t'accorde que cela n'a pas dû être facile pour toi. Mais tu l'as fait. Seule. Tu as reconstruit ton monde, et j'ai peut-être le pouvoir de le détruire. Ce n'est pas ce que je veux. Je veux être heureux. Avec ou sans toi, je veux simplement être heureux. Avec ou sans toi, du moment que je ne te fasse jamais souffrir.

J'aimerais tant pouvoir me détacher de toi simplement, comme un grand, seul. J'aimerais que le temps efface la nostalgie et qu'il écrive de simples bons souvenirs. Sans regrets. Pas de remords. Pas d'angoisses. Pas d'insomnies. Les grains continuent de couler. Sans bruit. Je suis maintenant recouvert de kilomètres des sable. Et je n'arrive plus à respirer. Il faut que je réussisse à nous oublier.
Je ne dors pas parce que j'ai la tête remplie de regrets. Les remords. Les angoisses. Si seulement une fois on avait parlé. Si j'avais accepté ne serait-ce qu'une fois à l'époque que les soucis venaient aussi de moi. On aurait pu mettre toutes les merdes de coté. Tabula rasa. On repart de zéro. On l'avait déjà fait une fois. Mais je n'avais pas joué le jeu. Tu m'as tendu tellement de perches... Tu as tellement essayé de m'aider. Je ne voyais rien. Je ne voyais pas que je te retenais. Que j'étais ton boulet. Je n'avançais pas avec toi, tu me trainais. Tu n'avais pas besoin de ça. Tu avais besoin de moi, mais pas en tant que fardeau. Le problème à la base vient de moi. C'est quelque chose que je sais, maintenant. Ma jalousie maladive, mon humeur lunatique. Tout n'était que le fond de teint d'une actrice d'un film dont l'intrigue serait digne d'un grand David Lynch. Tout était coordonné par ça. The sickness within.

Je regrette tellement. Je regrette tout. Aujourd'hui je ne suis même plus sûr de ce qui est le plus douloureux. La nostalgie, l'envie d'être à tes cotés ? Ou bien les remords, ceux de t'avoir fait souffrir toi aussi, en plus de moi aujourd'hui.
Je suis un monstre. Pardonne-moi.

Huit cents

SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Un problème, huit cents réflexions, trois réponses, une seule issue.
Demain soir je la verrai, demain j'aurai un petit bout de réponse. Une écriture humide, floue, tremblante, sur un bout de papier trempé. Il faut pas que je me goure. Je n'ai pas le droit à l'erreur. C'est comme si ma vie entière en dépendait.
Ma vie entière en dépend.
Cela fait deux ans que l'on ne s'est pas vus. Un peu plus de deux ans. Le nombre de jours passés sans elle approche les huit cents, et je me sens toujours aussi proche d'elle. Je me sens toujours en elle. Je suis elle. Son moteur, son souffle, sa chair. Comme tout ce qu'elle est pour moi. Sans elle je ne suis rien. Sans elle je ne vis pas. Elle est mon kit de survie. Et je dois apprendre à vivre sans elle.
Huit cents jours passés loin d'elle. Huit cents jours à passer sans oxygène, à dormir une nuit sur trois, à devenir psychotique, paranoïaque, malade, drogué à la chlomipramine, à devenir un monstre de foire. Parfois je n'arrive plus à savoir si elle était vraiment là, discutant avec moi, de tout, de rien, de nous, d'elle. Mais jamais de moi. Ce qui importe c'est elle. Je ne suis pas sans elle. Jamais ce ne sera je. Seulement elle ou un insipide nous.
Cette nuit encore, j'étais auprès d'elle, dans ses bras. Elle me caressait et me chuchotait à l'oreille que tout irait bien, demain. Que je la verrai vraiment. J'ai compris encore trop tard qu'elle n'était pas vraiment là, mais après tout, qu'est-ce que ce "vraiment" change ? J'ai juste besoin d'elle. Qu'elle soit physiquement, tangible devant moi autour d'une table à parler de nos passés ou qu'elle soit psychiquement, illusion paranoïaque, dans la même pièce que moi, à me réconforter, ce n'est pas si mauvais. J'ai besoin d'elle pour vivre. J'ai le droit de l'inventer, il n'y a rien de mal, si ?
Huit cents jours à l'avoir recréée, remodelée, réinventée pour me satisfaire. Huit cents nuits, états psychotiques, à avoir semi-rêvé, pleuré, ri... Dans ses bras semblant si chauds.
Demain je la verrai, demain elle sera réelle. Demain il y aura trois réponses. Trois portes devant moi, une seule s'ouvrira. Une seule issue.
...
Celle de la prise de conscience d'une psychose pendante et sanglante. Terre, Terre. Terminus, tout le monde descend. Elle n'est pas vraiment celle que j'ai inventée, elle n'est pas celle pour qui je vis. Elle n'est pas elle, nous ne sommes pas nous. Et nous disparaîtrons peu à peu.
...
Celle de ma mort. Celle de ma maladie. Celle de ma mort prochaine. Elle est belle, elle est celle dont je rêve éveillé, celle avec qui je partage mes moments de crise. Et nous sommes nous. Je suis en elle, encore. Je suis son souffle, encore. Mais nous ne pouvons plus être nous comme je l'entends. Comme nous l'entendons. Car nous ne pouvons plus revenir en arrière. La déliquescence m'envahit. Mes organes pourrissent tour à tour, mes muscles s'atrophient peu à peu. Et dans peu de temps je ne serai que souvenir.
...
Celle du renouveau. Celle d'un nouveau départ. D'une nouvelle vie. Nous n'avons plus rien en commun ; ou du moins elle ne ressent absolument rien pour moi. Alors je dois la détruire. Elle doit mourir, pour que je renaisse. Ailleurs. Loin. Le plus loin possible. Je ne peux plus rien bâtir ici, je me contenterai d'autres horizons.

C'est demain que tout commence.
J'ai peur.
...

20080327

Saison 2

UNINTERESTING STUFF
2008, nouvelle ère.

C'est parti.

Someone tell her I'm fine

UNINTERESTING STUFF
Dites-lui que je vais bien.
Dites-lui que j'ai accompli mon rêve.
Dites-lui que je suis allé en Australie.
Dites-lui que j'ai obtenu mon diplôme.
Dites-lui que je suis parti aux États-unis. Que j'en ai fait le tour à moto. Que je me suis retiré dans une province aux alentours de Denver.
Dites-lui que j'y ai fait des rencontres, que je suis devenu un grand producteur de musique.
Je me suis marié deux fois, j'ai eu trois magnifiques enfants. Lise, Julia et Christian. Je les vois tous les weekends.
Dites-lui que je ne suis pas mort, qu'un homme comme moi ne peut pas mourir.
Ne lui dites jamais que jusqu'à ma dernière larme, je n'ai cessé de l'aimer.
Dites-lui que parfois, je pense encore à elle, le sourire aux lèvres.

Now I say, you love me.

SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Maintenant je veux que tu m'aimes. Je suis prêt. A nouveau.

Quitte tout. Viens dans mes bras. Embrasse-moi.

Pars avec moi, nous accompliront nos rêves, ailleurs, ensemble. Je quitte tout et je te prends avec moi. Tu es heureuse, tu n'as plus peur. Ton regard traverse mon corps. Je le laisse entrer, se noyer dans mes veines. Une longue route nous attend. Et le sang est derrière nous. Il n'y en aura plus. Je te le promets. Car j'ai changé. Car je suis prêt. Pour la première fois.

L'avion décolle. Tes yeux gris noyés de larmes continuent de me fixer. Tu me regardes enfin comme avant. Plus intensément même. Je peux ressentir la chaleur de ta peau. Elle me dit de la recouvrir de mes bras. De te protéger. De t'aimer jusqu'à la fin de mes jours. Tes lèvres s'approchent. Sans même qu'elles ne bougent, qu'elles ne tremblent, qu'elles ne chantent, j'entends déjà tes mots.

"Je t' ..."

Je me réveille. J'ai changé. Car je suis prêt. Prêt à pleurer. Pour la dernière fois.

L'ascension

UNINTERESTING STUFF
Un couloir sombre, des murs de briques. L'atmosphère est sale, malsaine, le vide semble remplir toute vie. Les gens s'affolent, se pressent. Les gens pleurent, se lamentent. Les gens sont tristes, froids. Des larmes heurtent le sol glacial dans un fracas détonant. On n'entend que cela. Les larmes. Ne penser qu'aux larmes.

Les couloirs s'enchevêtrent, se croisent, se nouent. Les salles se forment, se déforment, se séparent. L'une d'elles dégage une froide chaleur. Par terre un corps inerte, couché sur le ventre. Les bras sont rangés contre le tronc, les jambes sont parfaitement étendues de tout leur long. L'ensemble est noyé dans une énorme flaque pourpre, ce pourpre imitant les briques entourant. Les murs pleurent, se lamentent. Les murs sont tristes, froids. Le visage a été soigneusement séparé de la boite crânienne. Un travail minutieux a été accompli. Tout a été fait sans la moindre hésitation, d'un trait, lentement. Chaque geste montre une certitude calculée. Aucun tremblement ne peut être observé sur les marques de la découpe. C'est un travail magnifique. Un chef d'œuvre. Les larmes font trop de bruit. Les larmes. Ne penser qu'aux larmes.

Il faudra savoir qui a accompli cela. Il faudra le féliciter. L'acclamer. Le remercier. Mais non. On le blâmera. On le jugera. On le fera payer. Quelle ironie. Lui, le seul qui a sauvé. Le seul qui a donné la rédemption. Le seul qui a offert le salut. Le seul qui a considéré. Les autres pleurent, se lamentent. Les autres sont tristes, froids. Les autres sont idiots. On entend que leurs larmes. Les larmes. Ne penser qu'aux larmes.

Pourpre, mon tombeau de briques, c'est ici que je suis mort.

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SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Et si je m'étais comporté pour la première fois de ma vie en adulte ?

Et si on avait tout simplement parlé ?

Et si j'avais décroché ce téléphone ?
SERAI-JE INVINCIBLE UN JOUR ?
Comment essayer d'évoluer, si je n'ai pas combattu le mal à sa source ?
Le problème est que je ne vois aucun moyen de le faire, sans détruire encore et encore...

Je dois apprendre à vivre sans elle. Cela aurait déjà dû être fait il y a longtemps...

Ce soir (The New Tale)

UNINTERESTING STUFF
Tu ne reviendras pas. Toujours pas.

Ta voix semblait danser, tourner. Cette voix reflétant ton excitation mêlée à une honte palpable, à une gêne évidente, au regret prénatal d'un acte déjà programmé.

Moi je suis seul ici. Les murs m'observent, se moquent de moi. Moi qui ai tout raté, moi qui ai amené cette solitude planante. Moi qui t'ai fait préférer un autre. Je t'aime tant et je ne peux le concrétiser, je ne peux le ressentir même. Ma maladie m'emporte peu à peu. Et toi, ce soir, tu danseras encore et encore, au rythme des hanches de l'homme qui t'auras convoitée. Tu le laisseras connaître le plaisir auquel j'étais le seul à prétendre. Il pourra te toucher, sentir ton odeur, gémir à ton oreille. Tu le regarderas de ces yeux que j'étais le seul à apercevoir, lorsqu'il te donnera cet orgasme dont tu brûlais de désir.
Les larmes ne sont que nos cris silencieux.
Et toi, tu t'es laissée séduire, pour me punir de ce silence.