J'ai l'impression que c'est un film sans fin. Qu'il n'y a clairement aucune issue possible. Une blessure profonde qui ne cesse de s'ouvrir à nouveau et de s'agrandir à chaque fois que j'essaie de m'en sortir. Je n'arrive plus à entendre les espoirs des autres tellement ça me tape le crâne. Rien ne changera jamais.
Alors j'avale des boites de médocs, et, brave que je suis, je n'ai pas les couilles pour me laisser crever. J'ai trop peur de la mort. Un appel au téléphone. Bad trip. Je me réveille le lendemain dans un lit blanc, à l'hôpital. Avec des tubes branchés dans mes bras, une cuvette près de ma tête. Des draps parfaitement bordés, d'un blanc des plus tristes me recouvrent. Un stupide sentiment de protection émane. Je ne suis sûr nulle part. Ce n'est pas parce que je suis dans un hôpital que tout va mieux. Il faut que je trouve un moyen d'en finir. Il faut surtout que j'en trouve la force. La vitre. Du verre. Coupant, pointu. La vitre... la fenêtre. Me jeter de la fenêtre... Me nouer la gorge avec les tubes... Il faut que je tr...
L'infirmière arrive. Elle me regarde deux secondes, cherchant à savoir si mes yeux sont bien ouverts. Elle me prévient que je risque de vomir à tout instant, et s'en va, aussitôt, claquant la porte, certainement heureuse d'avoir fini sa putain de journée...
Le plafond est trop bas dans cette chambre. Il m'étouffe. Il m'étrangle. J'aperçois mes fringues délicatement pliées dans un film plastifié au pied de mon lit.
donnez moi ce film plastique bon Dieu, donnez-le moi
Même mes fringues semblent avoir plus d'âme que moi-même. On ne se rend pas compte à quel point un hôpital est bruyant, de l'intérieur. Le bourdonnement ambiant de cette formidable vie au-dehors, les chuchotements, les conversations, les bruits de pas. Une femme crie et pleure pour voir son enfant, apparemment mourant. Triste pitié. Ça ne me touche plus. On peut bien interdire les véhicules de klaxonner à la frontière d'établissement hospitaliers, je parie que je ne les aurais même pas entendus s'ils s'étaient donnés à cœur joie.
Trois coups frappant à ma porte. La poignée pivote. La porte s'ouvre, laissant entrer le bourdonnement horrible de cette vie extérieure, amenant avec lui ce docteur "la-bonne-parole". Monsieur me demande si tout va bien, le sourire aux lèvres. Je n'ai pas réussi à percevoir l'ironie dans son timbre de voix. Raclement de gorge, son sourire disparaît succinctement et revient aussi sec. Il entrebâille légèrement ses lèvres, et, cherchant secrètement ses mots, bredouille un truc inaudible... D'une voix plus claire et vive, il me dit que le vent tournera, qu'il faut que je m'accroche.
va te faire foutre. j'ai déjà trop soufflé pour faire tourner le vent
Un examen de routine doit-il faire. Apparemment je vais bien. Cependant je resterai en observation, on se croirait dans les séries américaines... Soit. Docteur "la-bonne-parole" détache une feuille de son calepin et me refile cette liste de noms, me disant que je devrais y réfléchir, qu'ils pourraient m'être d'une utilité fonblablablamentale...
ce n'est pas de ça dont j'ai besoin. dégage
Je ne réponds à aucune de ses questions, attendant simplement qu'il me laisse seul. Ce qu'il fait après avoir noté quelques éléments de plus sur mon dossier.
La porte claque de nouveau derrière lui. J'empoigne la liste, je la déchire en de minuscules morceaux. Ma tête tourne trop. Leurs produits font effet. Je dois vomir.
Ce jour n'a rien du tout de particulier. Je me lève toujours avec ces démons qui m'observent et se moquent de moi. Je veux en finir. Car rien ne changera jamais. C'est juste une blessure qui ne cesse de s'ouvrir à nouveau et de s'agrandir à chaque fois que j'essaie de m'en sortir.
Alors j'avale des boites de médocs, et, brave que je suis, je n'ai pas les couilles pour me laisser crever. J'ai trop peur de la mort. Un appel au téléphone. Bad trip. Je me réveille le lendemain dans un lit blanc, à l'hôpital. Avec des tubes branchés dans mes bras, une cuvette près de ma tête. Des draps parfaitement bordés, d'un blanc des plus tristes me recouvrent. Un stupide sentiment de protection émane. Je ne suis sûr nulle part. Ce n'est pas parce que je suis dans un hôpital que tout va mieux. Il faut que je trouve un moyen d'en finir. Il faut surtout que j'en trouve la force. La vitre. Du verre. Coupant, pointu. La vitre... la fenêtre. Me jeter de la fenêtre... Me nouer la gorge avec les tubes... Il faut que je tr...
L'infirmière arrive. Elle me regarde deux secondes, cherchant à savoir si mes yeux sont bien ouverts. Elle me prévient que je risque de vomir à tout instant, et s'en va, aussitôt, claquant la porte, certainement heureuse d'avoir fini sa putain de journée...
Le plafond est trop bas dans cette chambre. Il m'étouffe. Il m'étrangle. J'aperçois mes fringues délicatement pliées dans un film plastifié au pied de mon lit.
donnez moi ce film plastique bon Dieu, donnez-le moi
Même mes fringues semblent avoir plus d'âme que moi-même. On ne se rend pas compte à quel point un hôpital est bruyant, de l'intérieur. Le bourdonnement ambiant de cette formidable vie au-dehors, les chuchotements, les conversations, les bruits de pas. Une femme crie et pleure pour voir son enfant, apparemment mourant. Triste pitié. Ça ne me touche plus. On peut bien interdire les véhicules de klaxonner à la frontière d'établissement hospitaliers, je parie que je ne les aurais même pas entendus s'ils s'étaient donnés à cœur joie.
Trois coups frappant à ma porte. La poignée pivote. La porte s'ouvre, laissant entrer le bourdonnement horrible de cette vie extérieure, amenant avec lui ce docteur "la-bonne-parole". Monsieur me demande si tout va bien, le sourire aux lèvres. Je n'ai pas réussi à percevoir l'ironie dans son timbre de voix. Raclement de gorge, son sourire disparaît succinctement et revient aussi sec. Il entrebâille légèrement ses lèvres, et, cherchant secrètement ses mots, bredouille un truc inaudible... D'une voix plus claire et vive, il me dit que le vent tournera, qu'il faut que je m'accroche.
va te faire foutre. j'ai déjà trop soufflé pour faire tourner le vent
Un examen de routine doit-il faire. Apparemment je vais bien. Cependant je resterai en observation, on se croirait dans les séries américaines... Soit. Docteur "la-bonne-parole" détache une feuille de son calepin et me refile cette liste de noms, me disant que je devrais y réfléchir, qu'ils pourraient m'être d'une utilité fonblablablamentale...
ce n'est pas de ça dont j'ai besoin. dégage
Je ne réponds à aucune de ses questions, attendant simplement qu'il me laisse seul. Ce qu'il fait après avoir noté quelques éléments de plus sur mon dossier.
La porte claque de nouveau derrière lui. J'empoigne la liste, je la déchire en de minuscules morceaux. Ma tête tourne trop. Leurs produits font effet. Je dois vomir.
Ce jour n'a rien du tout de particulier. Je me lève toujours avec ces démons qui m'observent et se moquent de moi. Je veux en finir. Car rien ne changera jamais. C'est juste une blessure qui ne cesse de s'ouvrir à nouveau et de s'agrandir à chaque fois que j'essaie de m'en sortir.
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