Il y a une semaine, j'étais à l'endroit que je pensais être la fin. Le fond. Je heurtai le sol violemment. Mon sang se déversa abondamment sur ces rocs poussiéreux. L'obscurité était constante, et l'odeur de pourri planait au raz du sol. Je toussai frénétiquement. Suffoquai. A chaque respiration coulait dans mes poumons ce liquide annonçant la fin, dans une douleur que je n'avais jamais pu imaginer.
Ce n'était rien, comparé à aujourd'hui.
Une semaine s'est écoulée. A peine je prends conscience pleinement de la douleur intense qui envahit mon être, que le contre-coup arrive. La hache tombe, la sanction a été appliquée, dans les règles. Impartiale.
"Jeune insipide, insignifiant de tous, ta mission est terminée. Regarde-les: tu as provoqué tout le mal que tu pouvais engendrer; y en a-t-il un, un seul parmi eux, que tu as blessé, et encore à terre? Le seul cafard que je vois ramper au sol, pleurnichant comme un faible est juste devant moi. Le seul que tu as réussi à blesser, le seul à qui tu as creusé une marque indélébile sur le visage, le seul pour lequel tu as donné tous ces coups de pelle dans cette terre fraiche afin qu'elle y accueille le tombeau, c'est toi-même.
"Regarde-la. Ose la regarder. Cela fait bien longtemps que tu as été banni de son esprit. Et toi tu osais encore il y a peu l'aimer, te lamentant, regrettant? Tu étais simplement hilarant de pathétisme. Regarde-la rire. Cloporte.
"Regarde-la, elle aussi. Ose la regarder. Je t'ai ordonné de la regarder! Son sourire. Son regard. Ils ne te sont désormais plus destinés. Et dire qu'il y a peu tu occupais encore la totalité d'elle-même... Tu étais son essence. Son odeur. Sa chair. Regarde-toi maintenant. Regarde tes mains. Tes mains de meurtrier. Puant l'alcool, puant les larmes, la sueur. Compte les fois où tu as refusé son amour. Compte les fois où tu l'as fait saigner, en la rejetant comme un sale chiffon. Alors que tout ce qu'elle voulait était des bras protecteurs. Elle était prête à s'imprégner totalement de ta douleur, de ton sang. Aujourd'hui tu ne serais pas là. Car aujourd'hui tu serais celui qui danse actuellement avec elle. Celui qui te vole ta place. Qui fera que, un beau jour, elle se réveillera en se demandant, quel était ton prénom?
"Regarde-toi. Tu pleures. Tu hurles. Tu sanglotes. C'est seulement maintenant que tu te rends compte de ce que tu es? De ce dont tu es destiné? Tu ne peux arriver nulle part comme ça. Et je t'ai réservé le destin que tu mérites. Tu m'as bien aidé cependant. En te créant ta solitude. En rejetant un par un ceux qui ont toujours voulu t'aider. En rejetant celle qui aurait pu te sauver. Tu ne peux arriver nulle part dans cet état. Regarde-toi. Tu ne peux arriver nulle part, et tu le sais. Sois tu restes dans cet état, à espérer tranquillement que... Ah non, j'oubliais, tu n'as plus rien à espérer. Cloporte.
"Non. Il y a une autre solution. Je ne peux rien t'offrir, si ce n'est la lucidité. Observe-toi bien. Veux-tu réellement rester comme ça? Tu n'as plus personne à essayer de sauver. Tu ne sers plus à rien dans ce monde. Personne ne ressent pour toi quoi que ce soit. Ni haine, ni pitié. Ni amour. Qui donc ta disparition affecterait-elle, finalement? Qui est encore là pour t'écouter pleurer, si ce n'est moi? Je t'apporte la solution à tes problèmes. Prends ma main, et tu n'auras plus jamais à souffrir. Je te le promets. Cloporte."
Je me lève. J'entame mes derniers instants. Les plus douloureux.
Je n'ai même plus envie d'espérer quoi que ce soit.
...
Ah non, j'oubliais, je n'ai plus rien à espérer.
...
Ce n'était rien, comparé à aujourd'hui.
Une semaine s'est écoulée. A peine je prends conscience pleinement de la douleur intense qui envahit mon être, que le contre-coup arrive. La hache tombe, la sanction a été appliquée, dans les règles. Impartiale.
"Jeune insipide, insignifiant de tous, ta mission est terminée. Regarde-les: tu as provoqué tout le mal que tu pouvais engendrer; y en a-t-il un, un seul parmi eux, que tu as blessé, et encore à terre? Le seul cafard que je vois ramper au sol, pleurnichant comme un faible est juste devant moi. Le seul que tu as réussi à blesser, le seul à qui tu as creusé une marque indélébile sur le visage, le seul pour lequel tu as donné tous ces coups de pelle dans cette terre fraiche afin qu'elle y accueille le tombeau, c'est toi-même.
"Regarde-la. Ose la regarder. Cela fait bien longtemps que tu as été banni de son esprit. Et toi tu osais encore il y a peu l'aimer, te lamentant, regrettant? Tu étais simplement hilarant de pathétisme. Regarde-la rire. Cloporte.
"Regarde-la, elle aussi. Ose la regarder. Je t'ai ordonné de la regarder! Son sourire. Son regard. Ils ne te sont désormais plus destinés. Et dire qu'il y a peu tu occupais encore la totalité d'elle-même... Tu étais son essence. Son odeur. Sa chair. Regarde-toi maintenant. Regarde tes mains. Tes mains de meurtrier. Puant l'alcool, puant les larmes, la sueur. Compte les fois où tu as refusé son amour. Compte les fois où tu l'as fait saigner, en la rejetant comme un sale chiffon. Alors que tout ce qu'elle voulait était des bras protecteurs. Elle était prête à s'imprégner totalement de ta douleur, de ton sang. Aujourd'hui tu ne serais pas là. Car aujourd'hui tu serais celui qui danse actuellement avec elle. Celui qui te vole ta place. Qui fera que, un beau jour, elle se réveillera en se demandant, quel était ton prénom?
"Regarde-toi. Tu pleures. Tu hurles. Tu sanglotes. C'est seulement maintenant que tu te rends compte de ce que tu es? De ce dont tu es destiné? Tu ne peux arriver nulle part comme ça. Et je t'ai réservé le destin que tu mérites. Tu m'as bien aidé cependant. En te créant ta solitude. En rejetant un par un ceux qui ont toujours voulu t'aider. En rejetant celle qui aurait pu te sauver. Tu ne peux arriver nulle part dans cet état. Regarde-toi. Tu ne peux arriver nulle part, et tu le sais. Sois tu restes dans cet état, à espérer tranquillement que... Ah non, j'oubliais, tu n'as plus rien à espérer. Cloporte.
"Non. Il y a une autre solution. Je ne peux rien t'offrir, si ce n'est la lucidité. Observe-toi bien. Veux-tu réellement rester comme ça? Tu n'as plus personne à essayer de sauver. Tu ne sers plus à rien dans ce monde. Personne ne ressent pour toi quoi que ce soit. Ni haine, ni pitié. Ni amour. Qui donc ta disparition affecterait-elle, finalement? Qui est encore là pour t'écouter pleurer, si ce n'est moi? Je t'apporte la solution à tes problèmes. Prends ma main, et tu n'auras plus jamais à souffrir. Je te le promets. Cloporte."
Je me lève. J'entame mes derniers instants. Les plus douloureux.
Je n'ai même plus envie d'espérer quoi que ce soit.
...
Ah non, j'oubliais, je n'ai plus rien à espérer.
...
1 comment:
"...Personne ne ressent pour toi quoi que ce soit. Ni haine, ni pitié. Ni amour. Qui donc ta disparition affecterait-elle, finalement? Qui est encore là pour t'écouter pleurer, si ce n'est moi? ... Cloporte."
Je suis pas tout à fait d'accord avec ça. Tu comptes pour certaines personnes. Il y a des gens qui veulent bien être l'épaule sur laquelle tu peux pleurer. Et tu n'es pas un cloporte. Ta disparition m'affecterait moi... Et certainement d'autres aussi.
Des amis, j'en ai peu. Je peux les compter sur les doigts d'une seule main. Et encore, j'ai trop de doigts. Et si tu en fais partie, c'est parce que je l'ai choisi. Parce que tu as un je ne sais quoi qui fait que... Alors sache une chose: même si tu te sens seul, si tu penses que tu n'as personne... Je serai toujours là (même si je suis loin) pour toi. Même si je sais bien que ce n'est pas la présence que tu souhaites à tes côtés.
Gward.
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