Un problème, huit cents réflexions, trois réponses, une seule issue.
Demain soir je la verrai, demain j'aurai un petit bout de réponse. Une écriture humide, floue, tremblante, sur un bout de papier trempé. Il faut pas que je me goure. Je n'ai pas le droit à l'erreur. C'est comme si ma vie entière en dépendait.
Ma vie entière en dépend.
Cela fait deux ans que l'on ne s'est pas vus. Un peu plus de deux ans. Le nombre de jours passés sans elle approche les huit cents, et je me sens toujours aussi proche d'elle. Je me sens toujours en elle. Je suis elle. Son moteur, son souffle, sa chair. Comme tout ce qu'elle est pour moi. Sans elle je ne suis rien. Sans elle je ne vis pas. Elle est mon kit de survie. Et je dois apprendre à vivre sans elle.
Huit cents jours passés loin d'elle. Huit cents jours à passer sans oxygène, à dormir une nuit sur trois, à devenir psychotique, paranoïaque, malade, drogué à la chlomipramine, à devenir un monstre de foire. Parfois je n'arrive plus à savoir si elle était vraiment là, discutant avec moi, de tout, de rien, de nous, d'elle. Mais jamais de moi. Ce qui importe c'est elle. Je ne suis pas sans elle. Jamais ce ne sera je. Seulement elle ou un insipide nous.
Cette nuit encore, j'étais auprès d'elle, dans ses bras. Elle me caressait et me chuchotait à l'oreille que tout irait bien, demain. Que je la verrai vraiment. J'ai compris encore trop tard qu'elle n'était pas vraiment là, mais après tout, qu'est-ce que ce "vraiment" change ? J'ai juste besoin d'elle. Qu'elle soit physiquement, tangible devant moi autour d'une table à parler de nos passés ou qu'elle soit psychiquement, illusion paranoïaque, dans la même pièce que moi, à me réconforter, ce n'est pas si mauvais. J'ai besoin d'elle pour vivre. J'ai le droit de l'inventer, il n'y a rien de mal, si ?
Huit cents jours à l'avoir recréée, remodelée, réinventée pour me satisfaire. Huit cents nuits, états psychotiques, à avoir semi-rêvé, pleuré, ri... Dans ses bras semblant si chauds.
Demain je la verrai, demain elle sera réelle. Demain il y aura trois réponses. Trois portes devant moi, une seule s'ouvrira. Une seule issue.
...
Celle de la prise de conscience d'une psychose pendante et sanglante. Terre, Terre. Terminus, tout le monde descend. Elle n'est pas vraiment celle que j'ai inventée, elle n'est pas celle pour qui je vis. Elle n'est pas elle, nous ne sommes pas nous. Et nous disparaîtrons peu à peu.
...
Celle de ma mort. Celle de ma maladie. Celle de ma mort prochaine. Elle est belle, elle est celle dont je rêve éveillé, celle avec qui je partage mes moments de crise. Et nous sommes nous. Je suis en elle, encore. Je suis son souffle, encore. Mais nous ne pouvons plus être nous comme je l'entends. Comme nous l'entendons. Car nous ne pouvons plus revenir en arrière. La déliquescence m'envahit. Mes organes pourrissent tour à tour, mes muscles s'atrophient peu à peu. Et dans peu de temps je ne serai que souvenir.
...
Celle du renouveau. Celle d'un nouveau départ. D'une nouvelle vie. Nous n'avons plus rien en commun ; ou du moins elle ne ressent absolument rien pour moi. Alors je dois la détruire. Elle doit mourir, pour que je renaisse. Ailleurs. Loin. Le plus loin possible. Je ne peux plus rien bâtir ici, je me contenterai d'autres horizons.
C'est demain que tout commence.
J'ai peur.
...
Demain soir je la verrai, demain j'aurai un petit bout de réponse. Une écriture humide, floue, tremblante, sur un bout de papier trempé. Il faut pas que je me goure. Je n'ai pas le droit à l'erreur. C'est comme si ma vie entière en dépendait.
Ma vie entière en dépend.
Cela fait deux ans que l'on ne s'est pas vus. Un peu plus de deux ans. Le nombre de jours passés sans elle approche les huit cents, et je me sens toujours aussi proche d'elle. Je me sens toujours en elle. Je suis elle. Son moteur, son souffle, sa chair. Comme tout ce qu'elle est pour moi. Sans elle je ne suis rien. Sans elle je ne vis pas. Elle est mon kit de survie. Et je dois apprendre à vivre sans elle.
Huit cents jours passés loin d'elle. Huit cents jours à passer sans oxygène, à dormir une nuit sur trois, à devenir psychotique, paranoïaque, malade, drogué à la chlomipramine, à devenir un monstre de foire. Parfois je n'arrive plus à savoir si elle était vraiment là, discutant avec moi, de tout, de rien, de nous, d'elle. Mais jamais de moi. Ce qui importe c'est elle. Je ne suis pas sans elle. Jamais ce ne sera je. Seulement elle ou un insipide nous.
Cette nuit encore, j'étais auprès d'elle, dans ses bras. Elle me caressait et me chuchotait à l'oreille que tout irait bien, demain. Que je la verrai vraiment. J'ai compris encore trop tard qu'elle n'était pas vraiment là, mais après tout, qu'est-ce que ce "vraiment" change ? J'ai juste besoin d'elle. Qu'elle soit physiquement, tangible devant moi autour d'une table à parler de nos passés ou qu'elle soit psychiquement, illusion paranoïaque, dans la même pièce que moi, à me réconforter, ce n'est pas si mauvais. J'ai besoin d'elle pour vivre. J'ai le droit de l'inventer, il n'y a rien de mal, si ?
Huit cents jours à l'avoir recréée, remodelée, réinventée pour me satisfaire. Huit cents nuits, états psychotiques, à avoir semi-rêvé, pleuré, ri... Dans ses bras semblant si chauds.
Demain je la verrai, demain elle sera réelle. Demain il y aura trois réponses. Trois portes devant moi, une seule s'ouvrira. Une seule issue.
...
Celle de la prise de conscience d'une psychose pendante et sanglante. Terre, Terre. Terminus, tout le monde descend. Elle n'est pas vraiment celle que j'ai inventée, elle n'est pas celle pour qui je vis. Elle n'est pas elle, nous ne sommes pas nous. Et nous disparaîtrons peu à peu.
...
Celle de ma mort. Celle de ma maladie. Celle de ma mort prochaine. Elle est belle, elle est celle dont je rêve éveillé, celle avec qui je partage mes moments de crise. Et nous sommes nous. Je suis en elle, encore. Je suis son souffle, encore. Mais nous ne pouvons plus être nous comme je l'entends. Comme nous l'entendons. Car nous ne pouvons plus revenir en arrière. La déliquescence m'envahit. Mes organes pourrissent tour à tour, mes muscles s'atrophient peu à peu. Et dans peu de temps je ne serai que souvenir.
...
Celle du renouveau. Celle d'un nouveau départ. D'une nouvelle vie. Nous n'avons plus rien en commun ; ou du moins elle ne ressent absolument rien pour moi. Alors je dois la détruire. Elle doit mourir, pour que je renaisse. Ailleurs. Loin. Le plus loin possible. Je ne peux plus rien bâtir ici, je me contenterai d'autres horizons.
C'est demain que tout commence.
J'ai peur.
...
1 comment:
Alors c'est la fin ?
Post a Comment